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LES I) EH NI EUES CARTOUCHES.
le bon esprit qui n’a cessé d’animer les hommes detroupe de la cavalerie du 18 ” corps.
« Pas un murmure n’est sorti de la bouche deshommes, qui, dans nos allées et venues de Ponlarlierà Jlesançon, ont passé trois jours et deux nuits sansdormir, et ont parcouru par un froid excessif desdistances excessives. »
Ces marches doublement périlleuses ne doiventpas être considérées comme de simples épisodes. Ilest bien peu de corps dont les chefs n’aient regardéde tous les côtés avant de franchir la frontière. Mais,sur la plupart des points, l’absence absolue de com-munications ne permettait même pas de songer àune tentative, (le qui a été tenté et ce qui a réussisuffit à venger cette armée tant calomniée.
L’esprit de l’armée de l’EsI, il n’est pas caracté-risé par la défaillance d’un Pourbaki, mais bien parla conduite de tous ces officiers et de ces soldatsdont l’ardeur inutilisée, paralysée systématiquementpendant un mois, survivait à tous les écœurements,à toutes les souffrances, cà toutes les suggestions dé-primanles ; dont nous venons de voir la foi patrio-tique s’exalter et grandir dans les pires épreuves etdans les extrêmes périls. Ils n’ont pu sauver l’armée,mais ils ont permis de la juger, — et ce jugementmet hors d’atteinte l’honneur de la nation.