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LES DERNIERES CARTOUCHES.
aient été maintenus dans le rôle primitivement con-venu : il est certain que Manleuffel n’aurait pas puimaginer le plan téméraire qu’il a risqué et que Bour-baki lui a fait réussir.
A plusieurs reprises, la victoire s’est offerte :chaque fois Bourbaki a refusé de la prendre. Nousne reviendrons sur cette heure décisive où le cheminde Belfort était ouvert à notre aile gauche que pourciter une autorité irrécusable :
« Si les lignes allemandes eussent été attaquéespar le gros des masses françaises, sur la route deLure, c’est-à-dire à Frahier et (ihenebier, puis en-suite à Châlonvillars, il est plus que probable quel’armée de l’Est eût été facilement victorieuse. Surcelte partie de son front de bataille, l’ennemi, génépar le voisinage de Belfort, se fût trouvé pris entredeux lignes de feux rapprochées, cl mis dans l’im-possibilité d'effectuer une rapide concentration deforces... Il riest pas douteux que nos colonnes se se-raient ouvert le passage, forçant les Prussiens à uneretraite désastreuse en défilant devant la forteressequi aurait causé leur destruction (1). »
À côté des fautes tactiques et stratégiques du gé-néral en chef, il faut imputer une part de responsabi-lité à la constitution de nos grands réseaux — entre-
(I) La Défense de Belfort, rédigée sous le contrôle de Denfert-Itocliereau, par les capitaines Tliiers et de la Laurcncie (p. 457).