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LES DERNIÈRES CARTOUCHES. _
celte extravagante déposition; cet acteur du granddrame n’avait pas môme eu la curiosité de lire lesrelations précises publiées dés cette époque! Eton-nons-nous donc qu’au moment de reprendre lesdéfilés du Lomont, le môme général ait décampé dedevant Passavant sur le racontar d’un paysan que« dix mille hommes et cent canons se trouvaientdans le village » !
Combien étaient-ils de Bressolles qui n’avaient nisang-froid, ni volonté? La volonté, résultante de fac-teurs multiples, se trempe cl se retrempe dans lesentiment élevé de la responsabilité, dans la croyanceen la possibilité de vaincre et dans la vieillemaxime romaine : Le salut de la Patrie est la loisuprême.
Tel n’était pas, hélas ! l’état moral de Bourbaki. Etsa foi, pour suppléer à la science, ne s’était pas suf-fisamment haussée à la grandeur du péril. Dès le2'i octobre il écrivait à l’amiral Fouriehon : « J’es-saierai avec courage et dévouement tout ce que l’onm’ordonnera de faire; mais, si au lieu d’ôtre unagent de combat, j’étais un agent de pensée, jevoterais pour un armistice et la paix (f ). »
C’est écrit au moment où la France se préparait à
(I) Enquête sur les actes de la Défense nationale, t. VI, l>. 17».