LES CAUSES I)E LA CATASTROPHE. 273
jour les forces impondérables (1). Cette excuse, c’estque Bourbaki était inconsciemment le produit-typed’un milieu.
Tant de fautes accumulées, des défaillances aussipersistantes, un insuccès aussi général ne sont lerésultat exclusif, ni d’une mauvaise’ organisationmatérielle, ni d’une fatalité malheureuse: La male-cliance, la mauvaise veine, sont des appellations queles esprits superficiels donnent à des événementsdont ils n’aperçoivent pas la filière. La répétitiondes mêmes mécomptes provient, malgré la variétédes circonstances secondaires, de la permanence descauses initiales.
Les causes premières et permanentes des événe-ments, il faut les chercher dans l’état des cerveauxet des consciences de ceux qui commandent. Elcomme ceux-ci ont le plus souvent le caractère queleur ont fait les mœurs dont ils sont le produit, c’esta cet état social qu’il faut s’en prendre. Plus parti-culièrement, le moral d’une armée reflète le milieuambiant. Par moral, il faut entendre l’entrain, lacooidination des efforts, la convergence des cheiset des hommes vers un même but, la spontanéité e!1 haimonie des volontés qui résultent d’un moteurcommun.
Or, le régime de l’empire avait abaissé l’espritnational et réduit la guerre à une sorte de condottié-
(') Il ajoutait même : « ... nui pèsent dans la balance bien plusque les forces matérielles. ,,
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