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LES DERNIÈRES CARTOUCHES.
rismc dynastique. Les mœurs politiques et socialescréées par le règne avaient pénétré dans l’armée, enproie au favoritisme et aux intrigues de cour.
Pour des raisons politiques et par tendance d’es-prit, on y ridiculisait « la nation armée » comme unechimère absurde.
On y pratiquait le culte de la force matérielle —si fragile. On y bafouait la force de l’idée — seuledurable, même et surtout à la guerre.
La fidélité dynastique qui fait souvent mauvaisménage avec l’idée de Patrie, — qui, cependant, souscertains régimes, a pu en tenir lieu, — était elle-même ravalée et affectait tes allures d’une compli-cité donnant droit au butin. Il avait fallu, après lesuccès du coup de Décembre, choisir et récompenserceux qui avaient collaboré ou adhéré.
Celte poussée des complices et des courtisansvers les sommets de l’armée devait aboutir à la dé-chéance de l’esprit militaire, au relâchement moral età l’incurie matérielle. Dans le haut commandement,on était attaché au château; ét cet attachementtenait lieu de tout autre devoir, de tout autre idéal.
— « Ce sont là des subtilités psychologiques quifiniraient par vous faire calomnier des patriotesconvaincus », nous disait un jour un officier bona-partiste qui s’est très bravement battu.
Loin de faire une dissertation théorique, nous nefaisons que constater, d’après des faits nombreux et