LES CAUSES DE LA CATASTROPHE. 281
événements, ils ne pardonnaient pas à ceux qui,entraînés par l’objurgation de Gambetta, « avaientélevé leurs cœurs cl leurs résolutions à la hauteurdes effroyables périls qui fondaient sur la l'atrie ! »
Ces haines, avivées au double foyer des rancunespolitiques et des jalousies professionnelles, con-vergèrent à la commission de révision des gradesoù elles trouvèrent des âmes promptes à se lesapproprier : de flagrantes injustices furent perpétréesqui portèrent toutes sur les officiers soupçonnés delibéralisme ou simplement coupables d’avoir été deIrop ardents collaborateurs du « fou furieux ».
Tous ces gens qui proclamaient l’inutilité de larésistance n’avaient garde d’ailleurs de laisser àd’autres les postes de combat : c’étaient les plusacharnés à s'abattre sur les honneurs et à confisquerles commandements.
On a abusé en manière d’excuse de cette préten-due maxime qu’à « certaines époques troublées, ledifficile n’est pas de faire son devoir, mais de savoiroù est le devoir ».
Eli bien, non !... Une pareille excuse est haïssable.Lorsque la patrie est en danger, il n’est pas difficilede savoir où est le devoir ; il est devant l’ennemi,quels que soient les chefs qui crient : « En avant ! »
11 est cruel d’avoir à étaler le tableau d’une tellemisère morale : mais c’est nécessaire. 11 est juste, il