■ 282 LES DERNIÈRES CARTOUCHES.
est utile qu’on rappelle à la France qu’elle a étélivrée par l’insuffisance intellectuelle, par la dépres-sion morale d’un régime qui avait indignement captésa confiance. A ce régime revient la honte de l’inva-sion et du démembrement ; au génie de notre race età la démocratie dirigeante, la gloire de la résistanceacharnée.
La Défense nationale a arraché ce cri à un adver-saire implacable, à un homme de guerre remar-quable, à Colmar de (îoltz : « Si jamais mon paysvenait à traverser les épreuves qu’a traversées laFrance, je ne ferais qu’un vœu : qu’il se lève parminous un autre Gambetta (1) ! »
Ah ! les hommes sages qui auraient volontiersplacé la sagesse à imiter l’Autriche de 1806...
Après un mois de campagne : une victoire dansle sud, à Cuslozza ; une défaite dans le nord, àSadowa, c’est-à-dire un bilan à peu près équilibré ;trois armées sur pied, l’une battue, mais non endéroute, l’autre intacte, la troisième victorieuse...et là-dessus, l’Autriche capitule en hâte !
(1) Un adversaire ancien et déclaré de la République, M. JulesRichard, a écrit en tête de son Annuaire des armées de province, cata-logue des efforts de Gambetta : « On commence à comprendre queGambetta eut raison de continuer la lutte. Si nous avions cédé le len-demain de Sedan, nous tombions au dernier rang des nations civi-lisées. Or, tout vaincus que nous sommes, on n’ose nous attaquer. »Kt il ajoute que les résultats obtenus en 1870 « sont déjà suffisantspour qu'ils restent éternellement l’honneur de la nation française ».