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vent. La vérité est toujours que lorsque ie fus arrivé, onl’accusoit fortem' et à Zurich et à Berne, d’avoir voulu jouerces Cantons, et que l’on y parloit de luy avec assez demépris et avec beaucoup d’aigreur.

Depuis environ vingt mois que tout cela s’est passé, on atraitté cette affaire du Toqquenburg dans diverses Diettes;et le parti, que l’Abbé avoit dans le Canton de Suvitz ayantprévalu sur celuy, qui favorisoit les gens du Toqquenburg,toute la Suisse Catholique s’est consécutivement engagée pourle dit Abbé.

Ce qui a le plus aigri les Cantons Réformés contre lesCatholiques, c’est que ceux-cy se sont servis (sans leur con-sentement et en leur absence), du nom des Cantons Réfor-més, pour écrire aux gens du Toqquenburg une lettre pleinede menaces et d’aigreur: Cette démarche a extrêmementoutré les Cantons Réformés, et ils en ont tirés pour uneconséquence naturelle, qu’on ne cherchent qu’à leur oter,par des surprises, la confiance des gens du Toqquenburg, età les obliger par ce moyen à se soumettre, pour les perdreensuite; si bien que depuis lors les ésprits se sont de partet d’autre, de plus eu plus irrités, et les choses paroissentêtre sur le pièd d’une rupture, et même assez prochaine.

Ce qui est véritablement fâcheux dans tout cela, c’est quel’on est icy très persuadé, que Mons r le Comte de Traut-mausdorff est entièrement dans les intérêts de l’Abbé de St.Gai, et des Cantons Catholiques. L’on dit, que les Ministresde l’Abbé de St. Gai ne font rien que de concert avec luy;que c’est chez luy, où tous les Conseils sur cette matièrese tiennent; — On luy attribue d’avoir fourni des OfficiersAllemands à l’Abbé de St. Gai, pour commander ses Milices,D’avoir dit, qu’il viendrait des troupes de l’Empereur enquartier d’hyver dedans l’Adelberg Herschafft, lesquelles