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Zweiter Band.
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Vous concevez la nécessité d’un si pieux, et si solideOuvrage. Vous allez travailler à en retracer le plan, et àen restablir les fondements ébranlez par les secousses pas-sées. Le Roy mon Maistre toujours attentif à la félicité devos Peuples, regarde ce bonheur comme une partie essen-tielle du sien propre; et sa Majesté ne doute plus de voirbientost achever par vos mains ce noble édifice, puisque labonne foy, la droiture, et la pieté en sont les principauxArchitectes. Mais pour y travailler avec succez, rapellezsans cesse à votre mémoire les anciennes maximes de vosglorieux Prédécesseurs. Souvenez vous, M. 8. des premierstemps de votre liberté, et n’oubliez jamais les sages dispo-sitions que l’équité de vos Ancêstres apporta autre- fois àl’établissement de cette sainte Alliance, qui de tant de corpsséparez, et de gouvernemens difï’erens, ne faisoit parmi Eux,pour ainsi dire, qu’une seule ame, et une seule République.

Uni dans un principe commun, ils crurent que chaqueEstât ne pouvoit subsister qu’en conservant les principesparticuliers qui en faisoient le fondement. Ils regardèrentcomme un attentat contre la Providence, de toucher à l’ordrequ’elle avoit establi chez d’anciens Voisins devenu leursnouveaux Alliez. Us jugèrent sagement que ce seroit unmauvais moyen de se deffendre, que de commencer par s’at-taquer, et que la liberté particulière devoit estre la bazeeternelle de la liberté generale. Ainsi les Villes demeure-ront Villes, les Peuples demeureront Peuples. Chaque païsconserva sa forme, ses loix, son authorité: et tous ensemblejurèrent de combattre jusqu’à la mort pour la conservationdes droits et des privilèges de chacun d’Eux en particulier.

Quel fut le fruit d’une Confédération si prudente et siéquitable? Vos Annales en sont pleines. Elles n’offrent à vosyeux que des faits éclatants, et des prodiges de fortune