PREMIÈRE CAMPAGNE DE L’EST.
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de l’Est était encore incapable de se mouvoir et de ma-nœuvrer sur leurs flancs. Elle se reformait péniblementaprès une retraite et n’avait pas reconquis, croyaient-ils,la puissante énergie morale nécessaire à toute action deguerre -en rase campagne. Ils jugeaient donc inutile derisquer une bataille sous Besançon même, quand on pou-vait aisément tourner la place en la masquant et gagnerplus promptement l’objectif stratégique assigné, c’est-à-dire Bourges, — entreprise dont la réussite immédiatedevait entraîner des résultats incalculables.
Indépendamment de ces considérations, qui suffiraientamplement à expliquer la conduite des Allemands dansces deux journées, d’autres motifs non moins graves,s’il fallait en croire notre « service des renseigne-ments », venaient encore influer sur leurs détermi-nations.
A cette date, en effet (si on examine la situation des ar-mées en présence à Metz), le prince Frédéric-Charlesvenait de faire savoir au maréchal Bazaine qu’au grandquartier général on ne voyait plus la possibilité d’aboutirà un résultat par des négociations politiques. Le maréchaltémoignait alors l’intention de tenter une sortie.
D’un autre côté, sous Besançon, les Allemands quit-taient très brusquement, le 24 octobre, leurs cantonne-ments de FOgnon et marchaient rapidement dans la di-rection du nord vers Bourguignon-lès-la-Charité, Étrelles,La Chapelle-Saint-Quillain, Velesmes. Une avant-garde■était poussée jusqu’à Seveux et Savoyeux. Le bruit cou-rai t, parmi eux, que le maréchal Bazaine'menaçait leslignes d’investissement de Metz et qu’ils allaient les ren-forcer.
Sans attendre les résultats des réquisitions faites, né-