Buch 
La guerre sur les communications allemandes en 1870 : première campagne de l'Est; campagne de Bourgogne / J.-B. Dumas
Entstehung
Seite
96
JPEG-Download
 

96 GUERRE SUR LES COMMUNICATIONS ALLEMANDES.

gligeant même la distribution des denrées requises et li-vrées, ils abandonnaient à la hâte les positions qu’ils occu-paient

Leurs pertes dans les deux journées s’étaient élevées à153 hommes tués ou blessés. Les nôtres atteignaient141 hommes.

1. La relation officielle allemande affirme que le général de Werder ti'avaitjamais eu l’intention de poursuivre son mouvement au delà de l’Ognon et d’at-taquer nos troupes appuyées sur Besançon. Elle assure qu’aprés l’échec de Châtil-lon-le-Duc, le XIV e corps reprenait sa marche vers Gray et Dijon. Il est toutefoislogique d’estimer que ce corps avait tenté un coup de main contre Besançon,car on n’engage pas 24.000 hommes sans un motif au moins aussi sérieux;que cette tentative, mal combinée, avait échoué, enfin que les Allemands nesemblaient guère prendre la direction de Gray, quand ils marchaient vers Bour-guignon-lès-la-Charité, Scveux et Savoyeux. Gray est à l'Ouest et c’est rersle Nord qu’ils se dirigeaient. Le grand état-major raconte, il est vrai, que legénéral de Werder voulait d’abord amener son corps d’armée dans la vallée dela Saône, sans doute pour se couvrir de cette rivière dans son mouvement surDijon. Mais le passage par Gray lui aurait procuré beaucoup plus rapidementle bénéfice de cet obstacle. Il y a là sans doute chez eux « un artifice de nar-ration » qui tend à dénaturer le caractère réel de la situation respective desadversaires en présence après les combats de Châtillon. Notre version doitdonner, bien plutôt que le récit allemand, l’impression de la vérité. Le grandétat-major, pour les journées du 23 au 26, semble écourter son récit qui se suitmal. U cherche sans doute à dissimuler la petite panique, causée par la menaced’une sortie sous Metz, après l’échec du coup de main prononcé contre Besançon.

La Déposition de M. le général Lapasset ( Procès Bazaine. Audience du29 novembre, page 680) nous apporte un recoupement précieux des donnéesfournies par notre service des renseignements de Besançon :

« Vers le 20 d’octobre, je prévoyais ou je pressentais ce qui adviendrait, etj’avais formé le projet de me faire jour avec ma brigade mixte ; j’avais étudiéles points de passage. Cependant, avant d’exposer la vie do 5,000 braves gens,je voulus savoir quels pouvaient être les projets, et j’allai voir M. le maréchal.C’est le 22 octobre, sur les deux heures de l’après-midi.

« Le maréchal me reçut avec sa bienveillance accoutumée. Soit qu’il eût con-naissance de mon projet, soit que, d’après mes paroles, il pressentit ce que jevoulais faire, il me dit ; « Lapasset, voyez-vous, pas de coup de tète ! il ne« faut pas d’action individuelle ; il ne faut pas chercher les uns et les autres« à se faire jour individuellement; il y en a qui m’ont proposé de faire des« sorties par divisions ; il ne faut pas faire cela ; laissez-moi, voyez-vous, lais-« sez-moi faire, et abandonnez toute espèce de projet individuel. »

« A ce moment, M. le maréchal Canrobert entra. Le maréchal Canrobert a été