PREMIÈRE CAMPAGNE DE i/EST.
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Situation des armées des Vosges et de la Côte-d’Or. — En ce moment, le général Garibaldi, qui avaitétabli définitivement son quartier général à Dole, com-mençait à y réunir des volontaires et formait ses premiersbataillons. 11 se heurtait à des difficultés considérablesdans cette organisation, car on hésitait beaucoup à s’en-
mon chef pendant bien longtemps; j’ai pour lui le plus profond respect; jem’inclinai, il me donna la main, et par respect, par déférence et convenance,je voulus me retirer. M. le maréchal Bazaine me dit : « Mais non, Lapassct,« restez, vous n’êtes pas de trop. »
« Il nous fit asseoir; il prit une carte de l'état-major, la déplia devant lui,« et se tournant vers le maréchal Canrobert, il lui dit : « Maréchal, je suis dans« une perplexité cruelle, je n’ai pas la moindre nouvelle de Boyer, je n’ai pas la« moindre nouvelle de l’Impératrice, nous n’avons plus de vivres ; il faut, il fau'« que nous sortions, et il faut que nous nous fassions jour. »
« Et alors, indiquant sur la carte, il dit : « Vous, Maréchal, avec le 4 e corps,b vous serez en colonne de droite, et vous prendrez la route de Cheminot. —« Le Bœuf, lui, avec le 2 e corps, formera la colonne de gaucho, et prendra la« route de Strasbourg; — moi, je serai au centre avec la garde impériale et« avec la brigade mixte Lapasset; je serai là pour vous porter secours aux uns« et aux autres ; — mais, il ne faut pas nous dissimuler une chose, c’est que le« salut est dans nos jambes ; — il faut que nous fassions nos soixante kilomètres« dans la journée ; — malheur à qui tombera : on ne le ramassera pas ; — et« il faut que nous nous dirigions sur Château-Salins; là, d'après les circons-« tances, d’après les nouvelles que nous aurons de l’ennemi, je verrai ce que« j'ai à faire.
« Quant à l’artillerie, je n'ai pas à vous en donner, pas plus que de cavalerie ;» presque toutes nos pièces sont démontées, elles ne peuvent pas être attelées.« La cavalerie, il n'en reste presque plus; enfin on prendra ce qu’il y aura;« mais, je le répète, notre salut sera dans nos jambes. »
« Ces paroles répondaient si bien à mes sentiments intérieurs, que. je ne pus« maîtriser mon émotion, et, me levant, je dis au maréchal: « Oh ! Monsieur le« Maréchal, comme votre résolution remplit mon cœur de bonheur ! Enfiu, nous" sommes la dernière armée française, et si nous devons tomber, que la posté-11 rité au moins se découvre devant nous... » Il me dit : « Non, nous leur pas-“ serons sur le corps! Allez! nous ne succomberons pas!... » Puis se tournantvers le maréchal Canrobert et vers moi, il dit : « Vous comprenez la gravité" de ces paroles, de notre, discours, de notre entretien; je n’ai pas besoin de« vous recommander le secret, Messieurs; allez à vos quartiers, et attendez mes« ordres. »
" Les ordres étaient pour le lundi. Vous savez tous, Messieurs, le lundi, cequi est arrivé. »
GUERRE SUR LES COMMUNICATIONS.
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