156 GUERRE SUR LES COMMUNICATIONS ALLEMANDES.
Mais le partage du commandement supérieur de la ré-gion de l’Est avec un général étranger a modifié profon-dément les conditions de la lutte en divisant la directiondes opérations.
En outre, on n’improvise pas les cadres supérieurs etceux-ci font défaut.
Enfin, la maladie a raison de l’énergique volonté ducommandant supérieur et le contraint à céder la place àun successeur. Ce changement marque le commencementd’une crise.
L’abandon de Dijon, par suite des tergiversations de l’au-torité civile et municipale, force le commandement mili-taire à engager la lutte dans des conditions qui la rendenttéméraire et inutile.
La ville tombe au pouvoir de l’ennemi.
Le moral de l’armée, qui s’était élevé au plus hautdegré à la pensée de prendre en flanc l’ennemi ainsi en-gagé, ne cède pas à ce coup ; mais celui du nouveau com-mandant supérieur n’y résiste point.
Le général Michel fait décider la retraite.
On abandonne Besançon, Belfort, toute cette grandeplace d’armes de la Franche-Comté et les débouchés qu’elleassure.
A la défensive latérale, si puissante quand elle est active,on va substituer la défensive normale et, pas à pas, reculerdevant l’ennemi: on cesse de menacer les communicationsde l’adversaire pour engager les campagnes de la Loire.
Chagny marque le premier recueil ; mais Gien ne tardepas à prouver qu’on renonce, pour le moment, à touteaction dans l’Est.
Des efforts énergiques, de louables dévouements, une