466 GUERRE SUR LES COMMUNICATIONS ALLEMANDES.
lemel-Lacour s’empressait aussitôt de demander au com-mandant militaire une démission qu’il considérait commenécessaire dans les circonstances critiques où se trouvaitl’autorité centrale.
Mais la situation se compliquait encore. Par suite d’uneregrettable erreur, aucune communication officielle n’a-vait mis le commandant militaire au courant de ses nou-velles obligations et des pouvoirs extraordinaires conférésau préfet. Il refusait donc de céder et déclarait qu’il allaits’en référer à son chef hiérarchique, le ministre de laguerre.
Une émeute éclatait en même temps dans les quartierspopuleux de la ville. Le préfet, dans son impuissance à ré-primer ce mouvemen t, croyait bien faire en s’en emparantpdur le diriger 1 . La garde nationale marchait contre lecommandant militaire. On s’emparait de sa personne. Ilétait emprisonné. Le préfet du Rhône demandait aussitôtau Gouvernement, « un général ingambe qui se mêlât à la« population et qui se rendit populaire ».
La responsabilité était lourde. Elle était peu définie etdifficile à accepter. Enfin, le général Bressolles, proposépar M. Challemel-Lacour, cédait aux instances du Gouver-nement et prenait provisoirement le commandement (9 oc-tobre).
Le 3 novembre, le nouveau commandant militaire si-gnalait au Gouvernement l’effectif restreint de la garnison :Lyon ne disposait effectivement que de 6 bataillons de gardesmobiles peu solides; il réclamait l’envoi de troupes du Midi.L’abandon de Besançon et de la région de l’Est, l’annonce
1. « En révolution, on ne va jamais aussi loin que lorsqu’on ne sait où l’onva. > (Robespierre.) •