168 GUERRE SUR LES COMMUNICATIONS ALLEMANDES.
Le 17 novembre, le commandant militaire renouvelaitses demandes avec insistance. Il voulait qu’en prévisionde l’investissement probable de Lyon, l’autorité militairefût concentrée entre ses mains.
« Comment, faisait-il remarquer, puis-je instruire, or-« ganiser, habituer au feu une garde nationale que je necc commande pas ? Comment puis-je me faire obéir de tous« ces corps isolés qui s’en vont courant chez le préfet,« chez le maire, aux comités de toutes natures. Je demande« que les pouvoirs militaires donnés au préfet dans un« moment de dissension intérieure reviennent entre mes« mains. Je ne puis sans cela accepter la responsabilité« de la situation. »
L’indiscipline des corps, en présence de ces conflitsd’autorité, devenait encore plus marquée. La garde na-tionale et son commandant supérieur franchissaient l’in-termédiaire du préfet et s’adressaient directement auministre de la guerre. Le préfet réclamait aussitôt contreces demandes directes « contraires à toute bonne admi-« nistration et qui le blessaient profondément ».
Malgré ces graves difficultés, la situation semblait, au24 novembre, s’améliorer un peu. Le commandant mi-litaire écrivait, à celte date, au ministre de la guerre :« Quand il sera bien évident que Lyon n’est plus me-<l nacé, et ce moment semble venir rapidement, on« pourra faire marcher en avant tout ce qu’il y a de« forces ici. Elles constitueront un petit corps d’armée« assez sérieux si on lui adjoint 3 ou 4 batteries et des« ambulances. »
Projet d’offensive vers Belfort. — Le Gouverne-ment, en effet, ne perdait pas de vue la haute impor-