208 ' GUERRE SUR LES COMMUNICATIONS ALLEMANDES.
surveillance incessante d’un état-major expérimenté. Ledépart du détachement chargé de la garde de Saint-Martinn’était donc point signalé et aucune mesure immédiaten’était prise pour parer à cette grave défection '.
Combat d’Autun (1 er décembre). — Vers 11 heuresdu matin, l’approche des troupes allemandes était an-noncée. Une reconnaissance était aussitôt dirigée en loco-motive sur Dracy-Saint-Loup, par l’inspecteur de la Com-pagnie P.-L.-M. Il rencontrait les premiers éclaireursallemands à peu de distance de la ville et il s’empres-sait d’en rendre compte au quartier général. Toutefois,celui-ci estimait que l’armée se couvrait à une assez grandedistance pour n’avoir à redouter aucune surprise. Il re-fusait donc d’ajouter foi à ces déclarations et il pensaitque les mouvements de quelques patrouilles ennemies enreconnaissance avaient suffi à motiver les renseignementsqu’on lui apportait de toutes parts.
A 1 heure et demie, les premiers obus tombaient à l’im-proviste sur Autun. L’ennemi, ne rencontrant aucune ré-sistance sérieuse, continuait son facile progrès. Vers2 heures et demie, la tête de la brigade badoise Reliertraversait Saint-Martin, qu’aucun poste ne gardait plus, etdébouchait devant Autun. •
1. Par arrêt de la Cour martiale réunie à Autun, en date du 13 décembre1870, le lieutenant-colonel A. Chenet fut condamné à mort et à la dégradationmilitaire pour abandon de son poste en présence de l'ennemi.
Gracié de la première peine par le général Garibaidi, il subit la seconde etfut, pàr ordre du commandant de l’armée des Vosges, condamné aux travauxpublics à perpétuité. Cette décision ne reçut point exécution.
La Cour de cassation de Pau cassait, le 2 février 1871, l’arrêt du 13 décembre1870 pour vices de forme. •
Le 30 mars 1871, la loi de nécessité n’existait plus. Le conseil de guerre dela 8 e division militaire, devant lequel la cause était reportée, acquittait l’accusé.
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