210 GUERRE SUR LES COMMUNICATIONS ALLEMANDES.
partie en était constituée d’officiers auxiliaires, qu’aucuneéducation préalable n’avait préparés à ces difficiles fonc-tions. Les fautes fréquentes étaient inévitables; un en-nemi hardi et entreprenant eût su en profiter. Mais l’in-dépendance imprévue des mouvements de l’armée desVosges déroutait souvent l’esprit méthodique de l’adver-saire. La grande guerre avait été son étude constante. 11faillit, au début, à bien comprendre les moyens qu’on luiopposait, et il ne sut en profiter complètement qu’à uneépoque ultérieure.
Dès le début de l’agitation causée dans la ville et dansl’armée par cette attaque soudaine, le général Garibaldireprenait possession de ses troupes. Sans aucune pertedetemps, il réparait la faute commise et dirigeait avec acti-vité les mouvements nécessaires. Il accourait sur l’Espla-nade du Séminaire 1 . Deux batteries de campagne, serviespar les gardes mobiles de la Charente-Inférieure, et unebatterie de montagne y étaient-en position. Leur feu, par-faitement conduit par le commandant Ollivier, accueillaitviolemment l’avant-garde badoise au moment où elle dé-bouchait devant la ville.
En même temps, les postes de Saint-Jean et de Saint-Pierre soutenaient le premier choc. Les gardes mobiles
1. Divers témoins affirment au contraire que le général Garibaldi s'était réfugiéà Couart (?) ; d'autres que ce fut son état-major qui servit les pièces de labatterie du Séminaire pendant les premiers moments du combat ; d’autres enfinque le commandant Ollivier sauva la situation par son sang-froid ; au dire dequelques-uns la surprise avait été complète, rien n’avait été disposé en vue del’arrivée de l’ennemi ; on avait même été obligé de briser, à coups de hache, lescoffres à munitions, faute de clefs pour les ouvrir.
Il est difficile de déterminer l’exacte vérité au milieu de près de 160 récits:toutefois la plus grande partie des renseignements recueillis s’accorde pourétayer le récit tel que nous le présentons.