— 2 —
famille de Frédéric et de Napoléon ». Sa manière decomprendre et de conduire la guerre, aussi bien quele caractère un peu aventureux et envahissant de sesprojets; son habileté à faire concourir les idées nou-velles au succès de ses armes, lui donnent une sortede parenté éloignée avec l’homme qui le plaçait lui-même au rang des sept grands maîtres de l’art de laguerre, et l’on peut dire que, comme novateur enfait de tactique et d’organisation militaire, il n’y aqu’au grand Frédéric qu’il puisse être comparé.S’il n’a fait la grande guerre que pendant un peu plusde deux années, il a été le fondateur de l’école laplus durable et la plus caractérisée qui ait existé, eta laissé derrière lui une pléiade de généraux conti-nuateurs de sa tradition et jusqu’à un certain pointde ses entreprises : c’est lui qui a donné à la guerreson « caractère moderne », et bien que, dans lapériode précédente, il se soit révélé en Allemagne,en France et dans les Pays-Bas plus d’un habilecapitaine, l’histoire militaire de l’Europe ne com-mence réellement qu’avec lui.
Gustave-Adolphe, né le 9 décembre 1594, n’avaitpas encore dix-sept ans lorsque la mort de son pèrel’appela au trône de Suède (16 octobre 1611).Charles IX léguait à son successeur trois guerres àterminer : avec le Danemark, avec la Russie et avecla Pologne, mais peu de soldats pour les soutenir, etencore moins d’argent.
La guerre avec Christian IV, roi de Danemark,était la plus menaçante. Elle avait éclaté au prin-temps précédent, à la suite des perpétuelles con-