Buch 
Précis des campagnes de Gustave-Adolphe en Allemagne (1630-1632) : précédé d'une bibliographie générale de l'histoire militaire des temps modernes
Entstehung
Seite
52
JPEG-Download
 

Leur ordre de bataille comprenait, à la vérité, deuxlignes disposées en échiquier, et non pas une ligne,comme lont avancé plusieurs auteurs ( ! ) ; mais, àlexemple des Suisses, qui avaient ressuscité la pha-lange macédonienne pour résister à la chevalerie, ilsaffectionnaient les formes profondes et leurs massescompactes.manquaient de mobilité, comme lensem-ble de flexibilité. Cest ainsi que lon verra, à Brei-tenfeld, Tilly distribuer son infanterie en gros batail-lons carrés de 1,600 à 2,000 hommes, les piquiersformant le noyau, les mousquetaires, le pourtour;à Liitzen, Waldstein ranger la sienne en carréspleins, comprenant chacun 20 à 25 compagnies de200 hommes, mais en entourant ses piquiers de dixrangs de mousquetaires, ce qui les rendait à peu prèsinutiles : cette formation massive, flanquée aux anglesde petits carrés ( 2 ) ou manches de mousquetaires,faisait, suivant lexpression de Folard, leffet « dunJupiter immobile avec ses satellites ». Cétait, ensomme, le règlement de Charles-Quint, et les seulsperfectionnements quon y apporta dans le cours dela guerre de Trente ans fut de diminuer un peu laprofondeur des carrés et détendre le front des man-ches cle mousquetaires, afin dopposer un plus grand

(') La plupart des plans de la bataille de Breitenfeld repré-sentent les Impériaux sur une seule ligne; selon le colonel Stamm-fort, cette erreur que Lossau (Ideale der Kriegsführung ) appelleune absurdité vient de ce que ces plans ont été faits par lesSuédois, qui navaient pu se rendre compte quimparfaitementpendant l'action de la position de leurs adversaires.

(-) « On ne pensait pas alors quon pût ranger les troupessans extraction de racine carrée » (Stamjifort, Tableau militairedes Impériaux et des Suédois.)