Buch 
Précis des campagnes de Gustave-Adolphe en Allemagne (1630-1632) : précédé d'une bibliographie générale de l'histoire militaire des temps modernes
Entstehung
Seite
70
JPEG-Download
 

70

bonne et sappliquait à désarmer lhostilité de laDiète par toutes sortes de flatteries et de concessions.Il nétait pas facile de démontrer au Corps germa-nique, déjà fort mécontent de la politique autri-chienne, que les ennemis particuliers de la maisonde Habsbourg étaient aussi ceux de lempire, et quilétait de lintérêt de tous les princes allemands desunir étroitement avec leur chef, pour conjurer lepéril commun. Les protestants, naturellement portésvers un prince de leur religion, entendaient bien,dans tous les cas, profiter de la situation difficilese trouvait Ferdinand II pour obtenir le redresse-ment de leurs justes griefs ; les catholiques eux-mêmes nétaient vraisemblablement pas fâchés delaisser Gustave-Adolphe remporter quelques succès,afin dabaisser lorgueil du monarque autrichien etde lui rendre leur secours nécessaire. Les uns et lesautres, affamés de paix, se berçaient dailleurs duchimérique espoir de voir le roi de Suède sen re-tourner comme il était venu, et lon délibérait molle-ment sur les mesures à prendre « si Gustave-Adolphene sortait pas dAllemagne » : cétait, en vérité, bienpeu connaître ce redoutable adversaire. Au surplus,le succès de ses armes ne tarda pas à dissiper toutesles illusions, et tandis que les membres de lancienneUnion évangélique en venaient à se demander silne valait pas mieux se ranger franchement du côtéde celui qui sannonçait comme « le libérateur delAllemagne », les membres de la Ligue catholiquese décidaient à soutenir lEmpereur. Mais, comme onnavait pris aucune précaution pour sopposer à lin-vasion du roi de Suède, celui-ci avait eu tout le temps