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bonne et s’appliquait à désarmer l’hostilité de laDiète par toutes sortes de flatteries et de concessions.Il n’était pas facile de démontrer au Corps germa-nique, déjà fort mécontent de la politique autri-chienne, que les ennemis particuliers de la maisonde Habsbourg étaient aussi ceux de l’empire, et qu’ilétait de l’intérêt de tous les princes allemands des’unir étroitement avec leur chef, pour conjurer lepéril commun. Les protestants, naturellement portésvers un prince de leur religion, entendaient bien,dans tous les cas, profiter de la situation difficile oùse trouvait Ferdinand II pour obtenir le redresse-ment de leurs justes griefs ; les catholiques eux-mêmes n’étaient vraisemblablement pas fâchés delaisser Gustave-Adolphe remporter quelques succès,afin d’abaisser l’orgueil du monarque autrichien etde lui rendre leur secours nécessaire. Les uns et lesautres, affamés de paix, se berçaient d’ailleurs duchimérique espoir de voir le roi de Suède s’en re-tourner comme il était venu, et l’on délibérait molle-ment sur les mesures à prendre « si Gustave-Adolphene sortait pas d’Allemagne » : c’était, en vérité, bienpeu connaître ce redoutable adversaire. Au surplus,le succès de ses armes ne tarda pas à dissiper toutesles illusions, et tandis que les membres de l’ancienneUnion évangélique en venaient à se demander s’ilne valait pas mieux se ranger franchement du côtéde celui qui s’annonçait comme « le libérateur del’Allemagne », les membres de la Ligue catholiquese décidaient à soutenir l’Empereur. Mais, comme onn’avait pris aucune précaution pour s’opposer à l’in-vasion du roi de Suède, celui-ci avait eu tout le temps