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d’origine napolitaine. La place elle-même n’avaitd’autres fortifications qu’un mur flanqué de tours avecun fossé peu profond ; mais on avait construit quel-ques redans pour en défendre les abords, et le Zoll-haus (bâtiment de la douane), qui s’élevait un peu enavant de la ville sur la route de Damm, avait étésolidement retranché ; en outre, pour que les com-munications avec le gros de l’armée impériale établieà Garz fussent plus faciles et plus sûres, on avaitjeté sur l’Oder un pont dont la tête était couverte,sur la rive gauche du fleuve, par un retranchementd’un profil assez fort et garni d’artillerie. Du reste,on vivait, à Greifenhagen comme à Garz, dans unesécurité d’autant plus profonde que, dans les derniersjours de décembre, Gustave-Adolphe s’était ostensi-blement concerté avec le feld-maréchal Horn, appeléà Gollnow, pour la répartition des troupes suédoisesdans de nouveaux cantonnements.
Mais ce n’était rien moins que pour recevoir leursquartiers d’hiver que 12 régiments d’infanterie et85compagnies de cavalerie (au total 18,000 hommes,dont 6,000 à cheval) avaient été réunis entre l’Oderet l’Ihna. Le 2 janvier 1631 (23 décembre 1630,vieux style), Gustave partit de Gollnow, rallia en pas-sant, à Damm, la plus grande partie de la garnisonde Stettin, et fila par la rive droite de l’Oder, tandisque 12 prames (grands bateaux plats), chargés de70 canons, remontaient le fleuve. Dans la nuit du 3 au4 janvier (nuit de Noël 1630, pour les protestants),les Suédois arrivèrent devant Greifenhagen, l’artil-lerie fut immédiatement débarquée et, à cinq heuresdu matin, le feu fut ouvert contre la place. Le Zoll-
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