— 82 —
liaus, vivement canonné, ne tarda pas à être évacuépar ses défenseurs, et bientôt, la brèche étant ouvertesur plusieurs points, le Roi ordonna à ses fantassinsde passer le fossé et de tenter l’escalade. Ils rencon-trèrent la résistance la plus vigoureuse, car le com-mandant autrichien était un homme plein d’énergieet de bravoure, et la garnison, composée de troupeschoisies. Toutefois, la partie n’était pas égale, et,après s’être défendu pied à pied toute la journée,derrière des épaulements improvisés en arrière desbrèches, Fernando di Capua se vit contraint d’or-donner la retraite; les Impériaux passèrent, à la fa-veur de la nuit, sur la rive gauche de l’Oder, aprèsavoir mis le feu à la ville pour retarder la marchedes Suédois. Mais ceux-ci arrivèrent encore à tempspour couper le passage à l’arrière-garde. Fernandodi Capua, qui la commandait en personne, essayavainement de se faire jour; grièvement blessé, iltomba entre les mains de l’ennemi avec les débris desa petite troupe.
Maître de Greifenhagen, Gustave résolut de chasserdéfinitivement les Impériaux de la Poméranie méri-dionale; il divisa son armée en deux corps et marchacontre le camp de Garz à la fois par la rive droiteet par la rive gauche de l’Oder. Schaumburg n’at-tendit pas l’attaque des Suédois. Jugeant sa positiontrop aventurée et craignant de ne plus pouvoir comp-ter sur ses soldats, qui, rebutés par les fatigues d’unecampagne d’hiver, désertaient en masse, il résolutd’évacuer Garz, encloua son artillerie, qu’il ne pou-vait emmener faute de chevaux, et se retira préci-pitamment dans la Nouvelle-Marche de Brandebourg;