l’incendie de la ville annonça aux Suédois le départde l’ennemi. Gustave lança aussitôt sur ses traces lacavalerie de Baudissin, et les Impériaux, rejoints àplusieurs reprises, ne parvinrent à gagner Francfort-sur-l’Oder qu’après avoir perdu de nombreux prison-niers et la plus grande partie de leur bagage. Cefut également avec beaucoup de peine que le colonelKratz, qui commandait le corps détaché à Pyritz,parvint à effectuer sa retraite sur Landsberg.
Le roi de Suède pénétra dans la Nouvelle-Marcheà la suite de Schaumburg; toutefois, il ne crut pasdevoir aborder immédiatement la ligne de l’Oder etde la Warthe : il voulait donner quelque repos à sestroupes et surtout attendre le résultat des négocia-tions qu’il poursuivait de divers côtés et qui ne pou-vaient manquer d’avoir une grande influence sur lasuite de ses opérations. Aussi se borna-t-il à faire blo-quer Landsberg par un corps de 4,000 hommes auxordres du colonel Tott, fit mettre Garz en état dedéfense pour bien assurer ses communications ducôté de Stettin, et vint s’établir avec le gros de sesforces d’abord à Kœnigsberg (Kœnigsberg-in-der-Neumark, à mi-chemin de Stettin à Küstrin), puisun peu plus au sud, à Bænvalde, petite ville situéeà quelque distance de la rive droite de l’Oder, six ousept lieues au-dessus de son confluent avec la Warthe.
A l’approche du corps de Tott, Kratz, chargé parSchaumburg de défendre Landsberg, l’un des prin-cipaux passages de la Warthe, réclama avec instancedes vivres et des munitions. Mais le général autri-chien avait déjà fort à faire pour assurer la conser-vation de Francfort ; il ne put que renvoyer la lettre