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redoutant pour la garnison le sort de celle de Franc-fort, il offrit de rendre la ville, pourvu qu’on luiaccordât les honneurs de la guerre. Gustave y consen-tit, à la condition qu’officiers et soldats ne serviraientpas contre lui avant huit mois. La capitulation futsignée le 26 avril, et Kratz se dirigea sur Gross-Glogaupour y rejoindre Tiefenbach.
Cette série de succès améliora sensiblement l’étatdes affaires du roi de Suède, aussi bien sous le pointde vue politique que sous le point de vue militaire.Maître de tout le cours de l’Oder, depuis la Silésiejusqu’à la mer, il pouvait, à son gré, se porter versles États héréditaires, la Saxe ou le Brandebourg,sans crainte de voir sa ligne de retraite coupée.D'autre part, les protestants d’Allemagne commen-cèrent à revenir de leurs préventions contre un mo-narque étranger dont l’appui n’était pas si fort àdédaigner qu’on avait paru le croire jusqu’alors ; lescatholiques, par contre, furent terrifiés, et le dangerparut si imminent à Vienne, qu’on se hâta d’en répa-rer les fortifications. L’Empereur lui-même fut extrê-mement étonné des échecs qu’il venait d’éprouver etse montra fort irrité contre les conseillers qui luiavaient représenté l’intervention suédoise comme unévénement sans conséquence.
Dans le fait, le] sort de l’empire était entre lesmains du congrès réuni à Leipzig, où s’étaient rendus•soixante-deux princes protestants. Gustave-Adolphe,qui ne négligeait jamais rien de ce qui pouvait con-courir à l’exécution'de ses desseins, n’avait pas man-qué d’envoyer à Leipzig des agents chargés de luiconquérir des alliés, et il avait personnellement écrit