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à l’électeur de Saxe pour lui faire part de la prise deFrancfort. Mais il échoua encore une fois dans sestentatives auprès de Jean-Georges, malgré l’appuique lui prêta le représentant de la France, et lecongrès se sépara sans avoir même, assure-t-on, « ditun seul mot de la Suède ni prononcé le nom deGustave-Adolphe ». Ses meneurs, les électeurs deSaxe et de Brandebourg, espéraient toujours obtenirsatisfaction de Ferdinand II, et ils croyaient s’êtremontrés suffisamment énergiques en lui envoyant uneadresse pour lui demander le retrait de l’édit de res-titution et le rétablissement des princes dépossédés.Encore aujourd’hui, les historiens allemands estimentque si les « confédérés » de Leipzig avaient su agiravec promptitude et vigueur, s’ils avaient levé destroupes et pris à l’égard de l’Autriche et de la Suèdeun rôle de neutralité armée, ils auraient forcé la mainà l’Empereur et obligé le Roi à quitter l’Allemagne :c’est oublier que les forces de Jean-Georges et deGeorges-Guillaume, réunies, ne montaient guère àplus de 15,000 hommes ('), et que Gustave était surleurs frontières, à la tête de son armée victorieuse.
(') Lorsque la question du recours aux armes fut agitée dansl’assemblée de Leipzig, on produisit des états d’où il résultait quel’électeur de Saxe pouvait mettre sur pied 9,000 hommes d’infan-terie et 2,000 de cavalerie; l'électeur de Brandebourg, 4,000 fan-tassins et 1,000 cavaliers ; ces chiffres, que Gfrœrer a reproduits,permettent de se faire une idée de la puissance des deux souve-rains à cette époque. Il est vrai qu'on verra six mois après,à Breitenfeld, Jean-Georges mettre en ligne 16,000 hommes,mais c’était pour la plupart des soldats de nouvelle levée, et dontla conduite, dans cette bataille même, prouva bien le peu dosolidité.