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dant plus d’un siècle, aussi vivace qu’au premierjour, et, bien que d’autres calamités soient venuesplus tard exciter d’autres passions et d’autres colères,il ne s’est jamais entièrement effacé de la mémoire dupeuple. Toutefois, comme le fait observer l’auteur duTableau militaire des Impériaux et des Suédois ,« le siège est peu intéressant pour un homme dumétier ; l’attaque ni la défense ne présentent riend’instructif ». Assurément, le colonel Falkenberg,envoyé par Gustave pour diriger la défense, était unhomme plein d’habileté, d’énergie et de bravoure;mais il ne disposait, en fait de troupes réglées, quede 2,000 hommes d’infanterie et de 300 cavaliers:faible garnison pour une forteresse aussi étendue.Surtout, il avait constamment les mains liées, et l’ad-ministrateur Christian-Guillaume n’était pas beau-coup plus libre que lui ; la division régnait dans laville; « le magistrat », c’est-à-dire le Sénat et labourgeoisie, qui exerçaient en fait le pouvoir, ne sedéfendaient qu’à contre-cœur. Bon nombre d’habi-tants ne demandaient qu’à rentrer dans l’obéissancede l’Empereur, entretenaient des intelligences avecl’ennemi et l’informaient exactement de tout ce quise passait dans la place ; les autres ne prenaient lesarmes qu’avec une extrême répugnance et à condi-tion de netre pas placés dans des endroits tropexposés; Falkenberg ne put tirer qu’un médiocreparti de ces bourgeois, peu faits aux fatigues d’unsiège, 'encore moins accoutumés à la discipline, etne voulant pas reconnaître d’autre autorité que cellede leur Sénat.
Néanmoins, grâce à son activité, grâce aussi à la