VI
INTRODUCTION.
de Dijon dès son apparition au sud de cette ville. Le5 janvier, elle entre en contact avec le corps de Wer-der, entre Vesoul et Besançon; l’ennemi constate pourle première fois, d’une façon positive, la présence dansle bassin de la Saône de la plus grande partie de lal re armée de la Loire.
Moltke a cru jusqu’alors Bourbaki autour de Bourges,et ses dispositions ont été prises en conséquence. Dès laréception des nouvelles venant de Werder, il les modifieavec une extrême rapidité : les II e et VII e corps re-çoivent, par le télégraphe, l’ordre de se concentrer surla haute Seine; ils vont former une nouvelle armée,dite du Sud, qui opérera sous les ordres de ManteufFel,l’heureux commandant de la I re armée. Mais leur actionne pourra se faire sentir avant un temps assez long, etWerder reste, avec trois divisions d’infanterie seule-ment, devant des forces beaucoup plus considérables.
A ce moment, Bourbaki arrête son offensive sur Ve-soul et cherche à se dérober vers l’Est, dans l’intentionévidente de devancer Werder sur Belfort. Mais, commetous les mouvements de notre armée, celui-ci est d’unegrande lenteur. Werder est informé en temps opportunde la direction véritable que nous suivons. Afin de ra-lentir notre marche, il prend l’offensive sur notre flancgauche le 9 janvier, à Villersexel. Le succès tactiqueest pour nous, non le succès stratégique. Le 18 e corpsa le stérile honneur de reprendre cette petite ville, après