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HÉRICOUKT, LA CLUSE.
ribaldi exigea 18 trains spéciaux du 7 au 11 janvier, au mo-ment le plus délicat de la crise, pour transporter sa petitearmée d’Autun à Dijon (moins de 75 kilomètres). Ailleurson requit des trains pour éviter à des mobilisés une étape de15 à 20 kilomètres. Même quand, de Chagny à Clerval, l’en-combrement fut tel que des corps demeurèrent plusieursjours au même point, on eut peine à admettre qu’ils fussentdébarqués, afin de continuer par voie de terre On n’usa dece moyen si simple que pour une très faible partie destroupes.
Nous avons dit quelles furent les conséquences du choixde Clerval comme station de débarquement. Il convient d’a-jouter que des destructions maladroites rétrécissaient sensi-blement notre réseau ferré dans le bassin de la Saône. Ainsi,en novembre, nous avions eu la fâcheuse idée de faire sauterquatre ponts situés sur le Doubs en amont de Clerval, et unpont sur la Saône, près de Gray. Pourtant le siège de Belfortétait à peine commencé et les Allemands avaient beaucoupplus d’intérêt que nous à couper les voies avoisinantes. Lorsde la bataille d’Héricourt, Bourbaki eut cruellement à re-gretter la destruction de la ligne de Lure à Dijon : elle eûtrendu des services inappréciables pour le ravitaillement del’armée.
Cette malheureuse question des vivres contribua gran-dement à compliquer le transport du 15 e corps, non seu-lement en raison des énormes quantités de rations néces-saires, mais surtout à cause de l’abus, vicieux au premierchef, que l’intendance et l’artillerie firent des magasins rou-lants. Avant même que le mouvement de l’armée commen-çât, les gares de Chalon, Dole, Besançon étaient rempliesde wagons de vivres dont le déchargement était interdit.On ne pouvait plus disposer d’aucun quai. A l’arrivée despremières troupes, l’intendance avait ainsi en Franche-Comté 2,000 wagons chargés en permanence. Au lieu de les
l. Voir trois télégrammes du général Pellissier au général Rolland, il et12 janvier.