TRANSPORT DU 15 e CORPS.
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faire vider, elle accumula sur les mêmes points 1,000 à 1,200autres voitures venant du Bourbonnais. Elle multiplia lesexpéditions de Lyon ou de Grenoble. L’artillerie imita cetexemple. L’encombrement devint formidable, malgré le grandnombre de machines, jusqu’à 250, que la compagnie de Lyon[ affecta simultanément à ces transports.
L’indiscipline générale ajoutait au désordre et, comme ilarrive toujours en France, le mauvais exemple partait dehaut. A Clerval, le général Peytavin refusa de laisser débar-quer ses troupes pendant la nuit, sous prétexte qu’il préfé-rait les voir dans les wagons que bivouaquées h Le généralen chef intervint, mais au bout de plusieurs heures. AilleursGaribaldi donnait des ordres entièrement contraires à ceuxde la Délégation, sans que celle-ci parût s’en émouvoir.Ainsi, le 26 décembre, son état-major demandait le rétablis-sement d’un train journalier d’Autun vers Lyon. La compa-gnie refusa, conformément aux instructions du ministre : illa menaça d’occuper militairement les gares d’Autun et del’Etang. Le 3 janvier, le célèbre Italien, qui voyage unique-ment en wagon-salon, même aux instants les plus critiques,se rend d’Autun à Dijon et demande que son armée y soittransportée. Mais à ce moment tout le matériel disponible aété dirigé sur Saincaize pour les transports du 15 e corps, eton ne peut donner suite à sa demande. Le 4, après son re-tour à Autun, on lui offre le matériel demandé ; il refuse« ayant suspendu le mouvement » qu’il devait faire 1 2 .
A toutes ces causes vinrent s’ajouter l’abondance desneiges, la rigueur exceptionnelle de la saison. Les con-! duites de prise d’eau, les tuyaux d’alimentation des loco-ï motives gelèrent. Aucun motif de retard et de souffrance| ne fut épargné au 15 e corps. Quoiqu’il renfermât une bonnei partie des meilleurs éléments de l’armée, c’est dans un
1. Enquête, tome III, p. 201. Télégramme du général Rolland au généralPellissier, 15 janvier : « Je ne dis pas que la Compagnie ne mérite pas quel-ques reproches. Mais les retards sont souvent occasionnés par les corps quisouvent ne se conforment pas aux ordres qu’ils reçoivent à leur arrivée. »
2. Noie de M. de la Taille, Enquête, tome lit, p. 19 1.