GAKIBALDI VA d’aüTUN A DIJOST.
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parce que je veille trop que je n’en dis pas davantage_
Soyez tranquille. A demain matin 1 ». Presque à l’heuremême où Bordone prodiguait ces assurances mensongères, lepréfet de la Côte-d’Or confirmait à Gambetta, aux générauxRolland et Bourbaki le mouvement de l’ennemi de Montbardet Cliâtillon sur Is-sur-Tille et Selongey. Demain, écrivait-il, 30,000 hommes peuvent être à Gray et à Champlitte ;après-demain 45,000. « Il ne s’agit pas de préserver Dijonqui, avec 4,000 hommes, peut être garanti, mais d’empêcherque Cremer et l’armée de l’Est ne soient pris en queue 2 . »L’ingénieur Gauckler télégraphiait à Bordeaux en des termesanalogues 3 .
Entre ces affirmations contradictoires, M. de Freycinetinclinait vers les moins inquiétantes. Le 17, il télégraphiaità Bordone qu’il avait pleine confiance en lui, malgré tout,parce que, jusqu’alors, il avait montré « une habileté supé-rieure. J’attends donc, ajoutait-il, les renseignements qu'o-mis pour demain 4 ».
Mais le moment venait où Bordone détruirait de ses pro-pres mains tout cet échafaudage d’assertions aventurées, dephrases rassurantes dont les événements démontraient aussi-tôt la fausseté. Le matin du 18 janvier, il demandait encoreau ministre de n’avoir aucune crainte pour Gray. Mais ilajoutait : « Les démonstrations faites sur Montbard, Baigneux,Gray, Dijon, n’ont pour but que de masquer la marche lenteet embarrassée de colonnes de 40,000'à 45,000 hommes, enmarche vers Yesoul et Lure 5 . » C’était reconnaître l’impor-tance du mouvement dont il niait obstinément l’existencedepuis une semaine. Chose à peine croyable, M. de Freyci-net, qui commençait à perdre patience devant les atermoie-ments de Bordone 6 , se déclara pourtant satisfait de ces ex-
J. Télégramme du 17 janvier, !) b 45 du soir, Bordone à SI. de Freycinol.
2 . Télégramme du 17 janvier, 9 h 1 5 du soir.
3. Télégramme du 17 janvier, 9 h 42 du soir.
4. Télégramme du 17 janvier, minuit 10.
5. Télégramme du 18 janvier, 8 h 40 du matin.
6. Télégramme du isjanvier, io h AO du matin: « En relsumé, je vous demandesi vous pouvez et voulez vous jeter au travers de l’ennemi qui circule entre