LES PREMIERS COMBATS DANS LES VOSGES. 7
néraj du commandant du XIV e corps, par un Allemand dé-guisé en franc-tireur 1 . Mais la supériorité numérique- dél’ennemi, venant s’ajouter à nos autres causes d’infériorité,ne nous laissait aucune chance de succès définitif. Nous nepouvions que disputer le terrain aux avant-gardes de Wer-der. De plus, l’état moral et matériel de nos troupes laissaitgrandement à désirer, et Cambriels put rapidement s’en con-vaincre. Dans une visite aux avant-postes, il constata quebeaucoup de cartouches, transportées dans les étuis-musettesà défaut de havresacs et de cartouchières, étaient détrem-pées par les pluies continuelles des derniers jours. La diver-sité des .munitions rendait tout ravitaillement des plus pé-nibles. La gravité de ces circonstances provoqua la réuniond’un conseil de guerre; il opina pour la retraite. Cambrielscrut devoir la prescrire, non sur Belfort, périlleuse éven-tualité que fit écarter une dépêche du ministre, mais sur laHaute-Saône, dans la direction de Remiremont, Faucogney,Lure, Besançon. Du moins, celle-ci nous garantissait dudanger d'être coupé du reste de la France.
Notre mouvement rétrograde commença le soir du 11 oc-tobre, après un nouveau combat à Bruyères. Il fut loin de sefaire avec toute la régularité désirable. On dirigea sur Lureles moins mauvaises de nos troupes ; le reste gagna Ron-champ, y embarqua ses éclopés, ses malades, ses bagages etatteignit la vallée du Doubs par Belfort et Montbéliard. Dansla nuit du 14 au 15, cinq trains apportèrent de L’Isle-sur-le-Doubs à Baume-les-Dames ou même à Besançon une foulede soldats de toutes armes, presque sans officiers. Pour lescorps qui suivirent les routes de terre, la retraite se fit dansdes conditions à peine meilleures. Le mécontentement étaitunanime; des cris de trahison se faisaient entendre, mêmedes menaces de mort contre le malheureux Cambriels 2 .
Pendant que nos troupes se ralliaient, tant bien que mal,autour de Besançon (14 au 17 octobre), les. Allemands ne
1 . Lôhlein.
2. Beauquier.