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Val-de-
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70 ARCHITEC TURE FRANÇOISE, Liv. III.
dedans à un parloir intérieur Sc au Chapitre de ce Monastère , dont on voit unepartie de la décoration extérieure marquée C, le reste étant masqué par la Cha-pelle du St. Sacrement D dont on voit ici la décoration intérieure qui est d’uneaíîèz belle ordonnance. La communication de cette Chapelle avec le dôme estmarquée par une tour ronde E, à la place de laquelle on eut dû préférer unegrille telle que celle qui se remarque en F, Sc qui íìmétrise à celle qui lui est op-posée , renfermant la Chapelle de Ste. Apne. Près de cette tour ronde est placéle rétabie d’Autel qui ne se voit point ici, mais qui est exprimé vû de face ,Planche VI, Sc dont son Voit le plan sur la Planche premiere. L’intérieur du dô-me est décoré au rez-de-chaussée d’un Ordre de pilastres Corinthiens, dont lesfûts font canelës Sc les chapiteaux taillés de feuilles d’olivier d’un excellenttravail. On peut observer néanmoins que les canelures de ces pilastres dansTexécution font tenues trop simples pour la richesse des chapiteaux dont engénéral on ne sçauroit trop admirer le galbe des feuilles, les contours des hé-lices & des caulicoles, Sc la répartition des rameaux de chaque distribution defeuilles. Cette considération auroit dû porter à faire ces canelures moins sim-ples 3 car ayant reconnu comme un précepte indispensable de conserver de l’ana-logie entre la partie Sc le tout d’un édifice, ce précepte doit s’étendre incon-testablement fur les parties qui subdivisent un Ordre d’Architecture : raison pourlaquelle il auroit été nécessaire de rudenter les canelures, ou au moins de lesavoir enrichies chacune d’un listeau.
Au-dessus de cet Ordre s’élevent quatre grands arcs qui soutiennent le dôme -A dont les panaches sont enrichis de médaillons ornés de sculpture. Ce sont au-tant de chef-d’œuvres de Michel Anguiere qui a présidé à la plus grande partie dela seulpture de ce superbe édifice, dont la beauté ne contribue pas peu à don-fier à l’intérieur de ce monument cet air de majesté dont nous avons parlé.
Au-dessus de ces grands arcs régné un entablement qui soutient un stilobatecontinu fur lequel s eleve un Ordre Corinthien de pilastres accouplés dont le dia-mètre trop petit auroit dû déterminer à n’en mettre qu’un seul dans chaque tru-meau. Alors cet Ordre seroit devenu plus colossal Sc les croisées plus larges, aulieu que ce défaut rend cette ordonnance chétive Sc fait quelle paroît supporteravec peine la hauteur de la voûte qui s eleve au-dessus Sc n’avoir aucune analo-gie avec i’Ârchitecture de dessous.
La voûte du dôme dont nous venons de parler est peinte à freíque par PierreMignard (d), elle peut être regardée comme un des plus grands ouvrages depeinture qui soit exécuté dans ce genre ; au-dessus de cette voûte en cul de fourse voit la charpente qui détermine extérieurement la forme du dôme, servant d’a-mortissement à l’extrémité supérieure de cet édifice.
La nef marquée G est séparée du dôme par une grille de fer qui se voit dans leplan; elle est tenue plus basse de deux marches qui ne sont point exprimées ici,parce qu’ainsi que nous en avons déja averti, les Planches que nous donnons ontété gravées la plus grande partie fur les projets de cet édifice, qui néanmoins ontété assez exactement suivis dans l’exécution. La voûte de cette nef est d’une ri-cheíse Sc d’une exécution fort estimées, mais en général on y remarque trop d’or-
(J) Pierre Mignard, premier Peintre du -Roi, né à est de Girardon.
Troyes en Champagne, en 16 \ o, peignit ce dôme à son Pierre Mignard, dont nous venons de parler, avoir unretour d’Italie. Dans le nombre infini d’excellens ouvra- frere qui étoit Architecte du Roi, II fut chargé par M.ges que nous avons de cet Artiste, la gallerie & le grand Colbert en 1678, conjointement avec Mrs. Bruant, lesallon de St. Cloud peuvent passer pour ses chef d’œu- Pautre & Felibien, de faire ses observations fur les dif-Vres. II mourut le 13 » âgé de 84 ans, & est íerentes constructions & qualités des matériaux des an-
enterré aux Jacobins de la rue Saint Honoré, où Ma- ciens édifices de cette Capitale ; l’on voit les procès-ver-dame la Marquise de Feuquieres fa fille avoir ordonné, baux de ces quatre Architectes dans les Registres de l’A-avant que de mourir, le tombeau qu’on voit dans cette cadémie Royale d’Architecture, dont Mr. EostrandabieaEglise : il est de Inexécution de Mr» le Moine, sc le buste voulu.me communiquer quelques extraits»
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