lp- 'ARCHITECTURE FRANÇOISE',-Liv. III.
Coliegecîe longueur, Sc qui selon fintention du Cardinal de Richelieu dévoie être prolon-Soïboûne... jusques à la rue des Mathurins, de maniéré que l’on auroic vu cette Eglisede 95 toises de distance, ce qui auroit produit i'aípect d'un des plus beaux édifi-ces qui soit en France, au lieu qu à présent ce monument, digne de la curiosité detous les-amateurs, se trouve enfermé dans un espace aísez borné. Il recevroit néan-moins beaucoup plus de relief si l'on n’eût pas flanqué dans fa largeur les deuxextrémités de cette façade depuis A jusqu'en B par des ailes de bâtiment dont lesmasses par arrachement font exprimées par les lettres C, D, dans la Planche pre-mière.
Le milieu de ce bâtiment est décoré au rez-de-chaussée d'unporche en colonnade depieds de faillie dans œuvre , fur 39 pieds de largeur Sc 30 pieds d'élévation , noncompris le fronton ni un perron de 15 marches qui éleve cette colonnade de 6 piedsde hauteur , & annonce ce frontispice du fond de la cour d/une maniéré très-satis-faifante. Dans le timpan du fronton font sculptées les armes ( <?) du Cardinal deRichelieu, Sc on y lit l’infcription suivante.
ARMANDUS JOANNES, GARD. DUX DE RICHELIEU,SORBONAE PROVISOR , iEDîFICAVIT DOMUMET E X A L T A V I T TEMPLUM SANCTUM DOMINO,
M. D C, LIIL
Pour pouvoir y placer cette inscription l'on a arrafé l’architrave siir le devant"de ce portique afin de faire unité avec la frise. Une pareille licence n’est pastolérable dans une ordonnance régulière , Sc lûríqu'on croit nécessaire de placerune inscription dans un édifice , au moins faut-il disposer son Architecture de ma-nière à conserver une place convenable pour la recevoir, sans quelle paroisse avoirété ajoutée après coup aux dépens de la sévérité des réglés. Les anciens ont tou-jours usé de cette précaution avec beaucoup de soin, Sc c est ce qui leur a saitmettre en u fige des amortissemens continus, d’où nous est venu l’Ordre Attique(f). Le Mercier étoit trop instruit des principes des anciens pour avoir contribuéà cette inadvertance , fans doute cette inscription aura été mise depuis par la mai-son de Sorbonne qui aura voulu laisser à la postérité des marques de íà reconnais-sance en honorant la mémoire du fondateur de ce monument.
Sur cette Planche on a marqué trois croisées à chaque côté de cet avant-corps,mais aujourd’hui, ainsi que nous venons de le remarquer, il ne s’en apperçoit qu uneSc demie de part ôc d’autre , à cause des deux ailes de bâtimens qui déterminentla largeur de la cour. Chacune de ces croisées est séparée par un corps d’Architec-ture couronné d’une corniche continue de la hauteur de l’architrave de l’Ordre duporche ; au-dessus de chacun de ces corps font placés des piédestaux qui soutiennentdes statues , derriere lesquelles s’éieve perpendiculairement le mur de la nef quiporte les combles de cette Eglise. Au-dessus du fronton se voit un des grandsarcs (g ) qui intérieurement soutiennent les quatre panaches du dôme dont on voltici la décoration extérieure qui termine tout cet édifice, Sc qui est la même quise remarque du côté du portail, Planche II. Ce dôme est flanqué de huit grou-pes de pilastres Corinthiens (h) qui lui tiennent lieu de contreforts ; ils font po-ses fur des piédestaux Sc couronnés de génies qui portent des candélabres. Au-des-sus de cet Ordre régné un stilobate continu formant retraite Sc fur lequels’éieve la coupole décorée de huit côtes revêtues de plomb doré, Sc dont les in-tervalles font couverts d’ardoise en forme d’écailles. Au-dessus de ce dôme est
( e ) Elles ornent aussi le fronton du portail du côté de dre dans l’Introduction, premier Volume, p. 83 & fuiv.la place. . ( g ) Voyez les coupes de cette Eglise , Pian. IV & V.
Xf) Voyez ce que nous avons dit de cette espece d’O r- (h) Voyez le plan de ce dôme, Planche IV.