ARCHITECTURE FRANÇOISE,Li v. V. 31
Le premier étage de cette façade est généralement plus régulier, principalementdans les arriérés corps ; car nous remarquerons que les petites chaînes de refends ,les grandes tables, la moyenne croisée, enfin un certain caractère de pesanteurqui régné dans tout P avant-corps, font autant de licences qu'il faut éviter 3 la con-tradiction dans une même ordonnance de bâtiment n étant jamais tolérable.
Les lettres A indiquent les ailes en retour íùr, la cour , où font exprimés les pé-ristiles dont nous avons parlé ; leur décoration intérieure est traitée dans un goûtaífez convenable à leur usage. On auroit pû cependant y íùpprimer lès consoles,ou encorbellemens qui soutiennent la portée des poutres, soit en faisant les mursplus épais, soit en affectant de former une calotte très-plate en plâtre , qui auroitterminé ces plafonds en maniéré de voûte, Sc qui en même tems auroit expriméune construction & une décoration plus relatives à ces fortes de pieces ; fans com-pter f avantage d’éviter les petites parties, qui dans les ouvrages construits en pierre,font toujours un effet désagréable Sc contraire au caractère de solidité qui con-vient à cette matière.
Hôtel
Toulouse»
La façade B montre la décoration d’une des baffes cours des cuisines , Sc la coupeC indique f intérieur d’une des ailes, dans laquelle font distribués les logemensd’une partie des Officiers de cet Hôtel.
La coupe D présente une partie des garderobes, qui appartiennent à f apparte-ment de parade placé au rez-de-chauffee. (Voyez la Planche premiere.)
Elévation de £ Hôtel de Toulouse du coté du jardin „ Planche V.
Quoique cette élévation soit assujettie à une même hauteur d’entablement quela précédente , elle en diffère cependant en ce qu’ona supprimé les trigliphes danscelui qui couronne Pétage au rëz-de-chaussée, ce qui donne plus de simplicité à cesoubassement, Sc conserve d’autant mieux son caractère, que POrdre Dorique y estsupprimé. Cependant on peut remarquer en général que le trumeau affecté dans le mi-lieu de Pavant-corps, la distribution de ses membres d’Architecture Sc les écoinçonsde ses encoignures, forment un contraste condamnable , surtout quand on compareces derniers avec la fragilité des trumeaux des arrieres-corps, Sc loríqusen leur opposela largeur immense de ceux de Paîle en retour du côté du jardin, ( Voyez la Plan-che VI. ) parce que cette diversité d’ordonnances forme autant d’Architectures diffé-rentes, qui ne doivent jamais appartenir à une même façade.
La pénétration que le linteau supérieur des chambranles forme avec P Architrave,est encore une licence condamnable, ainsi que P affectation des arrieres-corps quiaccompagnent le piédroit de ces chambranles. En effet ce double corps tend àdiviser la largeur des trumeaux, qui étant trop étroits acquièrent une légéreté con-traire à Papparence de la solidité ; car on doit faire attention qu’il ne suffit pas quela solidité soit réelle dans un bâtiment, mais qu il faut encore qu’elle fe manifestedans la répartition des membres d'Architecture qui composent fa décoration.Il est même à remarquer que ces arrieres-corps servent à rendre trop svelte Pac-compagnement de chaque croisée , par Paffectation des congés qu on a placésfur chaque corniche au premier étage , fans oublier que ces corniches étant com-prises dans l’architrave , procurent une apròximation vicieuse qui ne laisse aucunrepos à l’entablement , quoique dans tous les cas il doive être conservé libre fansaucune interruption. Pour rémedier à la forme déliée des trumeaux de Pétage su-périeur , il auroit fallu sur Pentablement du soubassement exprimer une retraite de18 pouces de hauteur, qui auroit marqué le fruit extérieur des murs de face, Scqui en ayant racourci les croisées, auroit contribué à fortifier les intervalles quidoivent se remarquer entre ies vuides sepérieurs des croisées du rez-de-chaussée Sc