iz6 ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. V.
Hótei Je Ce n’est pas qu’on ne puisse remarquer quelques beautés de détail dans cet-Neaiiiej. te façade ^ ma | s comme | e premier plaisir que doit faire un bâtiment consistedans f ensemble général Sc dans le rapport du tout aux parties Sc des parties autout, il est certain que c’est manquer essentiellement aux principes de fart, quede négliger dans un édifice cette analogie intime dans la similitude des membresd’Architecture qui le composent, Sc qui seule a droit de former cet uniston, cetaccord Sc cette harmonie, qu’un Architecte habile doit sçàvoir rassembler danstoutes ses productions.
A propos de quelques beautés de détail, nous observerons que l’Ordre Dori-que qu’on voit ici est exécuté avec assez de pureté, Sc que son entablementcomposé est ingénieux & d’un assez bon profil, mais les colonnes qui le soutiennent,sont d’un trop petit diamètre pour la hauteur du bâtiment ; on en peut dire au-tant de l’Ionique , de f Attique , Scc. D’ailleurs les colonnes Doriques qui formentîe péristile ( eípece d’ordonnance qui réussît toujours bien ) se trouvant enclavéesentre deux corps d’Architecture d’un genre absolument diffèrent, ne peuvent plai-re à f examen : de maniéré qu’on peut dire en général, que malgré le succès descolonnades , il faut sçavoir quelquefois se priver de cette décoration, lorsqueie reste de i’édifice, par économie ou autrement, ne peut répondre à cette or-donnance.
L’Ordre Ionique, comme nous venons de le remarquer, est non-seulementtrop petit , mais la terrasse qui est au-devant masque la plus grande partiede fa hauteur , ce qui le fait paroître égal à f Attique de dessus, Sc compose unedécoration irreguliere qui bien loin d’annoncer une Architecture noble Sc ma-jestueuse , telle que doit f être celle des façades d’un grand Hôtel, n’est pas mê-me rtolérable dans les façades d’une maison particulière. L’entablement decet Ordre est modillonaire, mais il est profilé d’un goût mesquin Sc camus. En-fin l’ordonnance de cette élévation a quelque chose de sec qui ne prévient pas, Scqui, joint à fa hauteur prodigieuse, détourne le spectateur de l’idée qu iLdevroitse former de f importance de ce bâtiment.
Les pavillons A , B, qui flanquent cette façade, íont d’une décoration tropétrangère à son ordonnance. Leurs amortissemens C, C , font mal diíposés Scchétifs. Ils n’annoncent point l’étude , rien n’indique ici l’étendue de f ima-gination de l’Architecte. Il salloit des croisées, on a percé les murs de face ;des corniches , on a fait des profils. La disposition du plan a déterminé les for-mes extérieures, on s’y est assujetti, fans prévoir ce qui en réíulteroit : cela arri-ve tous les jours. Je n’aipû faire autrement, dit'on; le Propriétaire, les dedansm’ont gêné : enfin quelques considérations particulières servent d’autorité. On s’ex-cuse, on donne des raisons , le bâtiment s’éléve , Sc ce n’est que iorsqu’il estentièrement fini qu’on s’appefçoit, parce que tout le monde le publie, qu’iln’est bâti ni suivant les régies de la convenance , ni suivant les principes dugoût.
Cette digression fans doute ne fait pas l’éloge de nos bâtimens François , maisil est cependant certain qu’elle convient à beaucoup de ces derniers, principa-lement au bâtiment dont nous parlons, qui exigeoit que f Architecture fut régu-lière , réfléchie , Sc que f Architecte y fit de son côté ce qu’il devoit, pour répondrepar íà capacité à la confiance du Seigneur qui le mettoit en oeuvre.
Nous ne parlerons point des bâtimens qui accompagnent cette principale fa-çade, ils font d’une Architecture trop négligée, Sc, comme nous savons remar-qué plus haut, n’étant point apperçus de la grande cour, ils font en général assezindifférons.