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146 ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. V.
CHAPITRE XXIX
Description de la Maison de M. Bìoaìn , appartenant pr/sentément àJlio Michel , DireBeur de la Compagnie des Indes 9 â Faux-
bourg S. Honore'.
Maison tíeM.Blousa’
C ETTE Maison sut bâtíeyen 1718 , sur les deíîèins de M. Gabriel (à ), pouîLouis Blouin , Gouverneur de Versailles. Elle a ensuite appartenu à Madamela Comtesse de Feuquieres. Après fa mort, ses héritiers la vendirent à M. Saint-Amarante , Receveur Général des Finances ; celui-ci Ta depuis vendue à M. Michel ,Directeur de la Compagnie des Indes, qui la fait embellir aujourd'hui, fur lesdesseins de M. Contant Qé) , Architecte du Roi.
Flan au rez-de-chaussée. Planche Premiere.
Le plan de cette maison est composé d’un petit corps-de-logis íùr la rue, d’unebasse-cour, d'une cour principale , d’une aile à gauche, enfin d 5 un bâtiment dou-ble entre cour Sc jardin, de 13 toises 1 pieds de face , hors œuvre, fur neuf toi-ses un pied Sc demi de profondeur. Cette distribution est beaucoup plus commo-de que celle de la maison précédente , Sc cependant elle n’a pas plus de largeur,ni plus de profondeur, fans compter que la forme de la cour est beaucoup plus agréa-ble , Sc qu il y a le double de logement dans celle dont nous parlons, plus que dansPautre. Tant il vrai quiin’estpas toujours néceíïaire d’avoir un grand terrain pour yéléver un bâtiment assez considérable , quand P Architecte est un homme d’expé-rience Sc qu il sçait faire mouvoir les ressorts de son imagination. Nous convien-drons néanmoins qu’on a pratiqué ici deux étages dans le principal corps-de-lo-gis , non compris la mansarde , pour multiplier les logemens, ce qui ne se trou-ve point dans la maison précédente, mais ces étages ainsi multipliés , semblentautorisés dans un bâtiment particulier, principalement lorsque le terrain est borné ,Sc que la personne pour qui on Péléve, veut y loger la plus grande partie de íàfamille. Ce font ces différentes considérations qui fournissent à un Architecte di-vers moyens de íe retourner dans la composition de ses projets, Sc il doit sçavoirs’y plier, fans pour cela s’écarter des régies de la convenance, ni des principesde son Art. Le point eíïèntiel est de pouvoir concilier les principales intentionsde celui qui le met en œuvre avec les préceptes fondamentaux de la bonne Ar-chitecture , autrement la moindre circonstance arrête. D’une part le Propriétaireexige des choses contraires aux loix du bon goût, de Pautre P Architecte se laiíîeentraîner, Sc s'y prête par complaisance : le bâtiment s’éléve, Sc cette Ca-pitale, le centre des beaux Arts, íe trouve remplie d’édisices qui, pour la plu-part indifférons en apparence, ne laissent pas que de faire nombre. Cette négli-gence gagne insensiblement jusqu aux Palais des Rois, elle se remarque dans nosddisices publics , Sc même très-íbuvent nos Temples n’en font pas exempts.
Nous avons de j a dit que la comparaison , en fait de bâtimens , étoit le plus furmoyen d’éviter ces abus ; or il est certain que si l'on veut considérer les différentesmaisons particulières qui font dans ce Recueil, telles que celle dont nous venons de
(«) Voyez ce que nous avons dit de cet Architecte ; (h) Voyez ce que nous avons dit de cet Architecte J
Tome I. Page 241. Note («). Tome I. pag. 23 8. Note (£).