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Confeiller au Darlement de Dolose*
„ -D« Journal des Scauans , du Lundy 9 . Fevrler i66j t
O N a appris icy auec beaucoup de douleur la mort de M. de EermatConfeiller au Parlementde Tolose. C’estoitvn des plus beaux espritsde ce siede - & vn genie si vniuersel & d’vne estendue fi vaste, que si tous less^auansnauoient rcndu temoignagedefonmerite extraordinaire, onauroitde la peine äcroire toutes les chofes quonendoitdire, pour ne rien retran-cherde sesloiianges.
II auoit toüjours entretenu vne correspondance tres particuliere aueeMessieurs Descartes, Toricelli,Pascal, Frenicle, Roberual, Hugens, &c.& auec la plus part des grands Geometres d’Angleterre & d’Italie. Maisilauoit lie vne amitie si etroite auec M. de Carcaui, pendant qu'ils estoientconfreres dansle Parlement deTolofe, que comme il a este le confident deses estudes , il est encore aujourd’huy le depositaire de tous ses beaux escrits.
Mais parce que ce Iournal est principalement pour faire connoitre parleurs ouurages les perfonnes qui se sont rendues celebres dans la republiquedes lettresj on se contemera de donner icy le catalogue des escrits de ce grandhomme ; laistant aux autres le soin de luy faire vn eloge plus ample & pluspompeux.
Il excelioit dans toutes les parties de la Mathematique 5 mais principale-ment dans la f^ience des nombres & dans la belle Geometrie. On a de luy vnemethode pour la quadrature des paraboles de tous lesdegrez.
Vne autres maximis & minimis , qui fert non seulement ala determi-nation des problemes pians & solides; mais encore a 1’inuention des touchan-tes & des lignes courbes, des centres de grauite des solides, & aux questionsnumeriques.
Vne introduction aux lieux, pians & solides ; qui est vn traite analytiqueconcernant Ia solution des problemes pians & solides 5 qui auoit este veu de-vam que M. Descartes eut rien publie fur ce sujet.
Vn traite de contaBibus [pharicis , oii il a demonstre dans les solidesceque M. Viet Maistre des Requestes, n auoit demonstre que dans les pians.
Vnautre traite dans lequelil rcstablit & demonstre les deux Iiures d’Apol-lonius PergLus, des lieux pians.
Et vne methode generale pour Ia dimension des lignes courbes, Ac.
De plus, comme il auoit vne connoisiance tres-parfaite de Tantiquite, &qusil estoit consulte de toutes parts fur les dissicultez qui se presentoient; il aeclaircy vne infinite de lieux obscurs qui se rencontrent dans les anciens. On