Band 
Premier volume.
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— 2.3 —

gaiment cette ville dont le droit de la guerre lesavait rendus maîtres , l’abbé Martin pensa aussià faire son butin , et, pour ne pas rester les pochesvides pendant que tous les autres s’enrichissaient,il résolut de porter ses mains sacrées à la rapine ;mais, comme il jugeait indigne de lui d’enleverdes choses profanes, il songea à s’approprier desreliques des saints.... Il prit donc avec lui un cha-pelain, et, poussé par je ne sais quel grand pres-sentiment, il se rendit dans une église qui était envénération parce qu’on y gardait de grands tré-sors et des reliques précieuses.Pendant que les

croisés se précipitaient en foule dans cette église ,enlevant de tous côtés l’or, l’argent et les objets deprix qu’ils trouvaient, l’abbé Martin jugeant au-dessous de lui de commettre un sacrilège si ce n’é-tait pour des choses sacrées, gagna un lieu secretoù la religion semblait lui promettre ce qu’il dési-rait le plus ardemment ; il y trouva un vieillardd’une belle figure , portant une longue barbeblanche. C’était un prêtre, mais fort différent desnôtres par son habillement. L’abbé le prenantpour un laïc, lui dit d’un air calme mais d’une voixterrible : Perfide vieillard, montre-moi les pré-cieuses reliques que tu conserves, ou attends-toi à