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heureusement à Bâle , et fît don à son monastèredes fruits précieux de tant de fatigues et de travaux.
La cathédrale de Bâle , d’un gothique moinssvelte, moins délié que celles de Strasbourg et deFribourg, est cependant d’un bel effet; elle serapproche, sauf erreur, du style byzantin. Au-des-sus du portail, on voit la statue équestre d’un che-valier armé de toutes pièces qui, lancé au galop,enfonce sa longue pique dans la gueule béanted’un dragon ailé. L’homme et son coursier sont simassifs, le dragon est si petit, que de loin le bonchevalier a l’air de donner, du bout de sa lance ,la becquée à un moineau ouvrant le bec.
Cette vaste place de la cathédrale a été témoin ,au moyen-âge , de plus d’un tournois, de plusd’une solennité féodale . Parmi celles-ci, il en estune assez peu connue et digne d’être remarquée.Elle est mentionnée dans ces anciens auteurs sousle nom mulcte (punition, amende honorable) duharnescar. Ce châtiment, infligé probablementpar les tribunaux de l’empire , consistait à con-duire processionnellement à la cathédrale le délin-quant , nu-tête, nu-pieds et portant sur ses épaulesun chien, s’il était comte; s’il était chevalier ouécuyer , une selle , et les cornes d’une charrueavec le soc s’il était bourgeois ou paysan. En 1229 ,