leurs habits des dimanches, et j’ai vainement cher-ché, parmi eux, un seul paysan proprement dit;je n’y ai vu que des bourgeois , pour me servirde l’expression des gens de campagne. Les hom-mes portaient des vestes à pans , des gilets de soienoire, des culottes courtes ou des pantalons ennankin ou autres cotonnades, et des chapeauxronds à hautes formes ; les femmes et les jeunesfdles étaient vêtues à la façon de celles des villes, etavaient des robes d’indienne à gigots ! leur coiffuren’offrait rien non plus de caractéristique. Ce nesont plus de simples et naïves Phillis à la Gesner ;ce ne sont point encore de sémillantes Martons,ce sont de bonnes grosses Gothons, fagotées enspencer en robes à la Vierge , et que, de loin,on prendrait, à leur démarche , pour des garçonsdéguisés.
On a dit que le malheur avait quelque chose de.contagieux; j’ignore jusqu’à quel point peut êtrefondée cette observation fâcheuse en ce qu’elletendrait à nous éloigner des êtres qui souffrent, età substituer, à l’impulsion d’un noble dévoûmenl,les froids calculs de l’égoïsme; mais il est uneautre remarque plus consolante qui doit servir decompensation à la première : c’est que le bonheurse gagne,lui aussi, et est susceptible de s’accroître