servit un dîner des plus mauvais. Je m’en plaignis,et la cuisinière allégua, pour son excuse, que lemaître et la maîtresse de la maison étaient auxeaux pour le moment. Or, il est bon de savoirque la fureur des eaux est si universellement ré-pandue par toute la Suisse , qu’il y a à peine, dansles vingt-deux cantons, un individu, riche oupauvre, jeune ou vieux, qui ne se fasse, en quel-que sorte, un devoir d’aller passer au moins unequinzaine à l’un des cent établissemens de bainsdisséminés dans le pays, et qui sont, pour lesgens des environs, autant de lieux de plaisanceoù ils vont se délasser de leurs affaires, prendre,comme on dit vulgairement,,du bon temps. Onassure même que cet usage est souvent l’objetd’une clause particulière insérée dans les contratsde mariage à la demande de la jeune épouse. Aureste, cet usage date de loin; et, sans remonteraux Romains qui avaient, comme on sait, la pas-sion des eaux thermales, nous voyons que, dès lequinzième siècle, Bade était déjà le rendez-vousde tout le beau monde de la Suisse et de l’Alle-magne méridionale. On y menait joyeuse vie, s’ilfaut en croire le Poggio que j’ai cité plus haut, etqui, tout secrétaire du pape qu’il était, paraissaitfort bien s’y connaître. Dans la description qu’il
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