commune, sans la participation et presque à l’insudu chef-lieu du canton. Voilà les bienfaits de l’es-prit d’association et du régime municipal.
Le village, ou , pour parler plus juste, la petiteville de Stœfa compte sept cents maisons, et prèsde quatre mille habitans, tous plus ou moins aisés.Beaucoup d’entr’eux sont riches même, et il n’est pasrare de voir de ces paysans ayant deux ou trois centmille francs. La population est à la fois agricole etmanufacturière, ce qui peut se dire généralementde celle des deux rives du lac. Dans chaque mai-son se trouve un métier pour la fabrication destissus de soie unis; le père, la mère, les enfans ytravaillent dans les momens que leur laissent leursoccupations rurales; delà sorte, il n’y a point detemps perdu, et c’est là ce qui explique commentLyon est hors d’état de soutenir la concurrence,pour ce genre de produits, avec la Suisse qui fa-brique à bien meilleur marché. Les habitudesd’ordre et de moralité gagnent également à un p a _reil arrangement; cette race de cultivateurs-fa-bricans ne peut être assimilée sans injustice à nospaysans de France , non plus qu’à nos canuts deLyon . Elle est plus instruite, plus industrieuseque les premiers, plus économe et moins démo-ralisée que les seconds.