Band 
Premier volume.
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si touchant et si naturel, m’a, jusqu’à présent,empêché de le relire; aussi est-il fort possible queje m’abuse sur son talent que je jugerais peut-êtreaujourd’hui d’une façon plus sévère. Mais il est,surtout en littérature, de ces préjugés auxquelson tient, et qu’on ne voudrait pas échanger contredes opinions plus raisonnées, témoin madame deSévigné qui, polir rien au monde, n’aurait vou-lu renoncer à son admiration pour les livres dechevalerie et ces grands coups d’épée qu’elle ai-mait tant.

Gessner h’est pas le premier de sa race qui sesoit illustré; un de ses ancêtres, du même nom quelui, fit hommage à l’empereur Ferdinand, d’ungrand ouvrage sur le règne animal, et l’empereurlui concéda, en récompense, des armoiries* quifaisaient allusion à ses travaux scientifiques. C’étaitun écusson partagé en quatre quartiers, dont l’uncontenait un lion qui figurait son Histoire des qua-drupèdes; un autre, un aigle pour la partie orni-thologique ; le troisième un dauphin couronné, etenfin un basilic, afin que les poissons et les reptilesfussent aussi représentés.

Madame de Genlis, qui a décrit si plaisammentl’impression de désappointement qu’à produite surelle sa visite à Gessner, a dit un mot de ses dessins