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point de devenir menaçant pour la religion etl’ordre social; nous ne sommes plus au temps oùl’Europe tremblait devant les succès des disciplesarmés de Jean Hus.
Après avoir quitté Zurich , je m’acheminai àpied vers l’abbaye d’Einsiedlen , en suivant la rivegauche du lac et les flancs ondulés de l’Albis quil’emportent de beaucoup, pour la beauté et la va-riété des sites, sur les collines plus monotones dela rive opposée, où l’on voit un peu trop de vignes.Le joli village de Horgen fut jadis le théâtre decombats sanglans que se livrèrent les Suisses lorsde leurs guerres de religion. Successivement priset repris, il fut pillé, en dernier lieu par les ca-tholiques, et un homme de Schwitz, s’adjugea,pour sa part du butin , la grosse cloche de l’église,pesant trois quintaux, que ce robuste vainqueur,s’en retournant chez lui, emporta bel et bien surses épaules. Plus tard, les Zurichois prirent leurrevanche et usèrent de représailles ; ayant fait uneexcursion heureuse sur les terres de l’abbé deSaint-Gall ; ils s’emparèrent des cloches du cou-vent qu’ils transportèrent à Zurich . Singulierstrophées que ceux-là! Ils rappellent à la mémoireune règle de pillage, jadis en usage chez les Ro-mains, et fondée sur celte opinion , générale alors,