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Premier volume.
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que , clans une ville prise , les temples et les autelscessaient d’être sacrés; comme si les Dieux eussentabandonné, en même temps que la fortune, lacause des pauvres vaincus; en conséquence leslieux saints étaient pillés sans scrupule.

Il est des choses qui ne sont bonnes à voir quede loin, et de ce nombre est, selon moi, le ca-ractère national des anciens Suisses . Ce peuple n’aeu qu’une belle époque, celle de son affranchisse-ment ; il a vécu ensuite , et vit encore sur sa bonneréputation d’autrefois, qu’il n’a rien fait pour jus-tifier dès qu’il n’a plus eu d’ennemis à redouter.En lisant son histoire, on sent s'évanouir le pres-tige attaché à son nom, et l’on se voit, avec peine,forcé de le faire descendre du rang élevé où ceprestige l’avait placé dans l’opinion. Au fait, dui 5 ” au 18 e siècle, les Suisses ne valaient pas mieuxque les autres peuples de l’Europe , qui, eux-mêmes, ne valaient pas grand’chose. Leurs an-nales, durant cette longue période , n’offrent plusque d’injustes agressions, des marchés honteux,des démêlés de famille; et la famille qui présentele spectacle de ces sanglans débats a perdu, il fautl’avouer, ses plus beaux titres à l’estime et à l’in-térêt de l’homme impartial. Les Suisses d’alors 11esont plus ce qu’étaient leurs pères, avec lesquels il