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le caractère sévère de ce vallon retiré, où, saufquelques petits bois de sapins, l’œil ne découvreque d’immenses pâturages sur lesquels s’élèventdes habitations éparses et que dominent les cimesde ces deux rochers inaccessibles qui, en raison deleur bizarre configuration, ont reçu le nom deCrocs de Schwjlz. La nature n’offre rien, en ceslieux, qui puisse étonner ou distraire l’imagina-tion, mais il y règne une solitude et un calme quiconviennent parfaitement à l’esprit des institu-tions monastiques; tout y est monotone commel’existence des religieux. En effet, cette continuelleaffluence de pèlerins ne peut faire pour eux di-version; elle ne frappe que l’étranger qui voit icice qu’il n’a pas vu la veille, ce qu’il ne reverrapas le lendemain, et qui s’en retourne ému.
Que de fois ces pieux asiles ont caché les der-niers jours de leurs nobles fondateurs ! Les chro-niques nous apprennent qu’à l’époque qui suivitles croisades, le penchant pour la vocation reli-gieuse était devenu général parmi les seigneurs etles chevaliers; cela se conçoit. Fatigués de la vieguerroyante à laquelle ils étaient condamnés, bla-sés sur les jouissances grossières qui étaient lesseules qu’ils connussent, usés par l’action et parl’àge qui, en imposant silence aux passions tu-