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et le seul dont un poète, un peintre et un roman-cier eût pu faire quelque chose ; tous les autres nedisaient pas la moindre chose à l’imagination.
En visitant la bibliothèque, je parlai au reli-gieux qui m’accompagnait de quelques manus-crits curieux qu’on m’avait montrés à Zurich ; il semil à sourire en me disant : « Ils se sont enrichisde nos dépouilles ; » puis il m’apprit que la biblio-thèque du couvent avait été mise au pillage, lorsde l’invasion des Français , à la suite desquels cer-tains bibliophiles zurichois étaient venus criant :«væ victis!» et faisant main-basse sur ces trésorsenfouis dans la poussière d’un cloître, et dont lespropriétaires étaient, selon eux, incapables d’ap-précier la valeur. Les religieux avertis à temps,avaient transporté dans les recoins les plus inac-cessibles de leurs montagnes et jusqu’en Tyrol, lesvases sacrés, les ornemens du culte ainsi que l’i-mage miraculeuse, à laquelle ils avaient substituéune autre vieille statue, bien noircie par le temps,que les vainqueurs ne manquèrent pas d’expédierà Paris comme un trophée de la victoire remportéesur la superstition.
Le pasteur Bridel demandait à l’un des moinesde l’abbaye si l’image de la Y r ierge faisait encoredes miracles : « Oui, sans doute, répondit le re-