toire; au-dessus de la porte est un tableau assezmal peint, et personne, en le voyant, ne seratenté de dire des Suisses l’équivalent de ce qu’ona dit de César 1 ; mais qu’ils se consolent, leurpart est encore assez belle, et les palmes de Mor-garten, de Granson, de Morat , de Laupen, deSempach , n’ont rien à envier aux lauriers deSala-mine et de Marathon.
Il existe toutefois, dans les annales militairesde cette nation, deux époques bien distinctes quine sauraient être confondues que par les gens auxyeux desquels les triomphes, à quelque cause qu’ilsse rattachent, paraissent toujours également hono-rables . Dès que lesSuisses, après leurs prodiges d’hé-roïsme patriotique, commencent à se battre pour lecompte des puissances étrangères, dès qu’ils mettentleur bravoure à l’encan et que, selon l’expressiond’un contemporain, « on marchande la chair et lesang d’un Suisse comme on marchande un bœuf »,mon enthousiasme pour eux se refroidit. Quandje les vois repousser .à Sempach une injuste agres-sion, je fais des vœux pour eux et j’applaudis àleurs succès; mais à Marignan, ces mêmes Suisses
i. Eodem^inimo scripsit quo bellavit : II a su écrire commeil a su combattre.