Band 
Premier volume.
Seite
183
JPEG-Download
 

— 183

temps. Un j(wr qu’il chassait dans les environs, ilrencontra, sur les bords d’un ruisseau grossi parl’orage, un vieux prêtre qui, portant le saint via-tique à un mourant, ôtait sa chaussure pour pas-ser à gué le torrent débordé. Rodolphe met aussi-tôt pied à terre , et force le bon vieillard à montersur son palefroi et à s’en servir jusqu’au lieu de sadestination. Le lendemain, le prêtre vint lui té-moigner sa reconnaissance, en lui ramenant l’a-nimal ; mais l’empereur lui répond : « Dieu me« garde de jamais monter ou de laisser monter à« mes hommes d’arines, le cheval qui a porté<( mon Créateur. Si vous croyez, en conscience ,« ne le pouvoir garder, disposez-en pour le ser-« vice de Dieu , car j’en ai fait présent à lui, de« qui je tiens mon corps, mon âme, mes hon-<i neurs et mes biens. » Lorsqu’eut lieu, plus tard,le soulèvement du pays, ce même château assiégépar les forces des quatre Waldstettes, se rendit àla seule condition que la châtelaine pourrait em-porter ce qu’elle avait de plus précieux; cette con-dition obtenue, elle chargea son mari sur sesépaules. Mais on ajoute que celui-ci la tua sur laprairie de Meggen , « ne voulant pas, dit-il,qu’une femme pût se vanter d’avoir sauvé la vie àun chevalier. » Si je rapporte cet on dit que j’aime