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de religion; elles y furent plus acharnées et pluslongues que partout ailleurs. Dans le reste de laSuisse , la lutte était de cantons à cantons; ici elles’établissait de village à village. Les excès commisde part et d’autre furent horribles; la cour d’Es-pagne attisait le feu, et les factions qui, dans lesrépubliques, ne s’endorment jamais, faisaientarmes de tout; on se battait pour ou contre l’a-doption d’un almanach. A la tète des deux fac-tions étaient deux familles rivales, puissantestour-à-tour, et animées , l’une contre l’autre, deces haines invétérées qu’une génération transmet,en héritage, à celle qui la suit; c’étaient les Plantaet les Salis, représentant, les premiers, le partiautrichien, les seconds, le parti français . Elles en-sanglantèrent à tour de rôle le sol de leur patriepar leurs interminables débats. Plus tard, les in-trigues succédèrent aux voies de fait, et le frag-ment suivant, extrait de la relation d’un témoinoculaire, donnera une idée de la manière dontles choses se passaient, il va deux siècles, au fondde ces vallées reculées. « Les principaux du pays« prennent argent de divers princes, et chacun« porte le parti de celui de qui il est gratifié. De« là naissent des divisions dans le pays. L’envie y« règne plus qu’en lieu du monde, et il est à re-